louyot1 Grand reporter au service presse étrangère du journal « Le Point » pendant treize ans, Alain Louyot obtient le prix Albert Londres en 1985 qui le propulse à la rédaction de « L’Express », et l’amènera 20 ans plus tard, à la direction de la rédaction du journal hebdomadaire « L’Expansion ».

1985, c’est l’année de la gloire pour Alain Louyot. Journaliste au Point, il reçoit le Prix Albert Londres. Un prix qui récompense tous les ans le meilleur grand reporter de la presse écrite.

Cette reconnaissance lui a naturellement apporté des opportunités : « Grâce à ce prix, j’ai d’abord été embauché à l’Express en tant que rédacteur en chef adjoint de la rubrique Europe, puis à l’Expansion où j’ai accédé tout récemment à la direction de la rédaction ».

" La presse hebdomadaire résiste"

Ce prix est pour beaucoup dans la carrière d’Alain Louyot. Il n’est cependant pas indispensable, selon lui, pour réussir dans le métier : « Il est certes difficile de rentrer dans une entreprise de presse. Mais c’est la motivation et la volonté qui fait la différence », dit-il.

Par une démarche qui se veut pédagogique, il encourage les étudiants qui ont tendance à douter suite à la crise que subit la presse : « Quoi qu’on vous propose, foncez ! Conseille-t-il. Comme la priorité est faite aux embauches internes, une fois entré dans le journal, les chances d’évoluer seront bien plus grandes ».

La presse hebdomadaire semble toutefois souffrir beaucoup moins que la presse quotidienne, concurrencée par les gratuits.groupe_express_expansion

Les français sont de grands consommateurs de magazines : « Nous résistons mieux que les quotidiens face à la crise, "Le Point" a même amélioré son chiffre et nous, nous continuons de gagner de l’argent », se satisfait Alain Louyot. Cependant, les recettes des ventes ne sont pas suffisantes pour la survie du journal. Aux abonnements s’ajoute les chiffres de la publicité, les ventes en kiosque et surtout, des ressources complémentaires et indispensables apportées par les 17 autres magazines ("Lire", "L’Etudiant", "Votre Argent", "L’Entreprise" etc…), nés de l’Express et qui lui appartiennent désormais : « Nous profitons du titre reconnu pour fonder de nouveaux journaux ; ils apportent une bonne santé financière », explique-t-il.

Un atout en or : le temps

La presse hebdomadaire bénéfice d’un atout prédominant lui permettant d’être plus performante que les quotidiens.

Le temps est un véritable allié chez les hebdos, « il faut en profiter pour enrichir son carnet d’adresse » et il permet, selon Alain Louyot, une plus grande qualité dans le traitement des infos. « Cela veut dire qu’on doit apporter de l’inédit, en anticipant les sujets, et en présentant un regard original et décalé »

A "Express-Expansion", il existe quatre grands services (politique intérieure et étrangère, économie et société) ainsi que deux services complémentaires (culture et environnement) appuyés par une centaine de journalistes et plus de soixante correspondants à l’étranger.

Dans un tel groupe de presse, il est indispensable de rassembler de nombreuses qualités, surtout dans la forme : « Contrairement au "Nouvel Obs" où chacun a une plume littéraire, ici, nous souhaitons éviter une personnification de l’écriture. Nous voulons une compétence, une exigence mais une simplicité ».

Promu directeur du journal en décembre 2005, Alain Louyot souhaite imposer ces critères qui sont, selon lui, source de réussite. La qualité d’écriture, l’orthographe, la réactivité des journalistes, autant d’obligations à respecter « pour toujours avoir un coup d’avance » sur la presse quotidienne.