FlorenceFree parties, teufs, raves, teknivals...Autant de qualificatifs pour désigner ces manifestations interdites et vues par tant de gens comme des supermarchés de la drogue, et rien de plus. Pourtant, elles sont partout depuis plus de vingt ans.

Les adeptes des sound-systems sont considérés comme des parias, des marginaux, simplement parce qu'ils ont choisi de vivre en dehors de la société.

Sous la forme de rassemblements clandestins pendant une nuit ou quelques jours, ces teufs prônent la liberté de créer et de vivre hors des schémas sociaux établis afin d'échapper au quotidien et de communier dans un élan de solidarité et de passion pour la musique électronique. 

Les teufeurs proclament eux-mêmes leur différence : « Nous ne sommes pas des criminels, ni des terroristes, nous sommes juste différents par notre apparence et nos modes de pensée. Nous sommes fatigués de cette répression stérile alors que nous ne désirons que le respect », déclare une organisatrice. Il n'est évidemment pas rare de voir des soirées interrompues par l'intervention des forces de police. Pour beaucoup de participants, la présence des autorités reste abusive.

Une manifestation a réuni le 15 avril dernier à Strasbourg (67), de nombreux membres de cette grande tribu : « On ne peut plus tolérer que certains pays membres de l'Union Européenne méprisent et réduisent à néant ces espaces de liberté créative, soit par des actes violents policiers, soit par des législations sécuritaires »
La colère des teufeurs s'est accentuée depuis le teknival organisé en République Tchèque l'an dernier : deux morts et plus de cent blessés. Un bilan bien triste qui résulte de la brutale intervention policière ayant mis fin à l'événement.
En plus du droit d'exister, les teufeurs protestent contre les répressions systématiques et non justifiées à leur encontre.                                      Teknival en République Tchèque peu avant son interruption                       Par cette manifestation à l'échelle européenne, les teufeurs souhaitent condamner la République Tchèque, qui a réprimé le teknival de l'été dernier.
Enfin, ils réclament surtout le droit d'être considérés comme des acteurs socioculturels offrant à tous des spectacles libres, autogérés et sans intérêts financiers ; pour eux, l'accès à l'art et à la culture doit être inscrit comme un droit fondamental, et « les diverses manifestations organisées par ce mouvement en marge depuis trop longtemps devraient être considérées d'utilité publique », ajoutent-ils.

Le combat continue donc pour la ceux qu'on appelle « les gens en kaki » pour que la culture techno ne soit plus considérée comme hérétique.

Un peu de droit BAG3850WB_...
Depuis mai 2001, un amendement déposé par Thierry Mariani (UMP) autorise la police à saisir le matériel dans les free-parties, sous contrôle d'un officier de police judicaire. Cet amendement stipule que « les rassemblements à caractère musical organisés par des personnes privées dans des lieux non aménagés et qui ne répondent pas à des critères d'organisation et de prévention des risques, susceptibles d'être encourus par les participants, doivent être déclarés aux préfets des départements dans lesquels l'évènement doit avoir lieu ». À cette déclaration doit être jointe une autorisation du propriétaire du terrain. Le préfet est libre de refuser le rassemblement si les critères ne sont pas respectés. Tout rassemblement organisé sans  préalable ou malgré une interdiction du préfet peut coûter cher aux organisateurs : Saisie du matériel de son, peine de prison et  7500 euros d'amende.
De nombreux débats ont ébranlé l'Assemblée Nationale, après les protestations de plusieurs associations de promotion de la culture techno.

Aujourd'hui, le texte de loi reste flou et appliqué de manière arbitraire.