Un escrozemariecroc a rendu l'âme ! Et par n'importe lequel. Derrière l'aspect courageux de ce "docteur miracle", Jacques Crozemarie, octogénaire, est mort dimanche, en région parisienne, près de cinq ans après être sorti de prison. Condamné à quatre ans ferme pour abus de confiance et recel d'abus de biens sociaux, il a bénéficié des classiques remises de peine qui lui ont permis de ne faire qu'un peu plus de deux ans.

Fondateur en 1962 de l'Association pour la recherche contre le cancer (ARC), le scandale qui l'a fait connaître a éclaté au grand jour en 1996. Suite à une dénonciation de l'Inspection générale des affaires sociales qui a entraîné sa condamnation, Jacques Crozemarie, aidé par un entourage peu scrupuleux, s'est moqué des malades du cancer, de leurs familles, des donateurs pourtant nombreux (3,5 millions) et du corps médical.
Des millions ont été détournés. Seuls 30% des fonds allaient à la recherche. On se doute aisément des sommes exorbitantes envolées, révélatrices pourtant d'une forte solidarité des citoyens. Paradoxalement, cette association était présidée par un homme manipulateur et irrespectueux de ce en quoi il s'était investi depuis tant d'années, à savoir la charité. C'est là où se situe la gravité de l'affaire.

L'ascension de l'escroc vu par le Groland