François Bayrou tenait un meeting hier soir à Nice. Un discours consacré aux « réformes vitales », nécessaires pour « que la France tienne debout », a t-il déclaré. Devant près de 6000 personnes, le candidat centriste a revendiqué la construction d’une équipe de « compétences, de volonté et de couragebayrou et non pas de copinages ».

La salle Nikaïa est bondée. Le meeting, prévu à 18h30 est retardé, en vue des difficultés conséquentes de circulation aux abords du Palais Nikaïa réquisitionné pour l’occasion. Obligés de faire la queue, au milieu d’une majorité de « monsieur et madame tout le monde » et d’une proportion importante de jeunes, l’esprit y est bon enfant, mais on sent les gens impatients et très curieux d’entendre le candidat Bayrou, qui n’entrera dans la salle qu’une heure après.

« La réforme est nécessaire »

« Nikaïa, du grec « Niké » qui signifie « victoire », lance Bayrou dès son arrivée sur la scène. Le ton est donné, le candidat de l’UDF à la présidentielle n’est pas venu faire de la figuration. Très vite, les coups semblent destinés au gouvernement en place qui n’a pas réussi à rassembler les gens, les forces, les différences. Lui se veut être le candidat de l’impartialité et du pluralisme : « Chacun doit trouver son compte dans un pays de partage et d’échange. Les réformes sont essentielles dans ce pays qui a besoin d’un changement complet où chacun aura sa place et sa responsabilité », a-t-il prévenu aux nombreux militants. Des réformes qu’il promet de proposer par référendum.

Attaques contre ses rivaux

Debout derrière son pupitre, entouré d’une vingtaine de jeunes UDF, le candidat de la formation centriste a également demandé d'en finir avec la mauvaise représentativité du peuple par les élus : « Il est injuste de voir 90% d’élus de la majorité représentés à l’assemblée nationale alors que Chirac et Jospin n’ont obtenu à eux deux que 35% des voix lors des précédentes élections ». Il souhaite que le gouvernement soit surveillé par le Parlement : « Pour être un Parlement intelligent, je veux que ce dernier contrôle le gouvernement pour lui éviter de faire des bêtises », a-t-il déclaré. Les attaques contre ses deux rivaux principaux étaient nombreuses en imputant quasi continuellement aux deux formations la responsabilité du déclin de la France : « Le sens de mon action est le rassemblement nécessaire pour le redressement du pays. Redonner l’espoir aux familles qui sont en désarroi depuis vingt-cinq ans. Je veux renvoyer l’UMP et le PS dos à dos ».

Azouz Begag et Corinne Lepage : deux nouveaux soutiens

Même si les sondages sont aujourd’hui plutôt encourageants pour l’outsider de la campagne, il redoute la bataille à venir : « Depuis quinze jours, il existe des bagarres incessantes qui iront en empirant. J’ai besoin de vous et vous êtes avec moi ». Et François Bayrou a des raisons d’y croire. Devant un public déterminé et souriant, il n’a cessé d’animer la salle et de lancer des boutades, que le public a apprécié, l’applaudissant régulièrement. De quoi donner des ailes à un candidat qui ne cesse de monter, et qui voit d’autres politiques rejoindre ses idées et son programme. Azouz Begag vient d’annoncer son soutien à François Bayrou ainsi que Corinne Lepage, présente hier à Nice.