16 mars 2007
Bayrou à Nice : L’outsider se transforme en favori
François Bayrou tenait un meeting hier soir à
Nice. Un discours consacré aux « réformes vitales », nécessaires pour
« que la France tienne debout », a t-il déclaré. Devant près de
6000 personnes, le candidat centriste a revendiqué la construction d’une équipe
de « compétences, de volonté et de courage
et non pas de
copinages ».
La salle Nikaïa est bondée. Le meeting, prévu à 18h30 est retardé, en vue des difficultés conséquentes de circulation aux abords du Palais Nikaïa réquisitionné pour l’occasion. Obligés de faire la queue, au milieu d’une majorité de « monsieur et madame tout le monde » et d’une proportion importante de jeunes, l’esprit y est bon enfant, mais on sent les gens impatients et très curieux d’entendre le candidat Bayrou, qui n’entrera dans la salle qu’une heure après.
« La réforme est nécessaire »
« Nikaïa, du grec « Niké » qui signifie « victoire », lance Bayrou dès son arrivée sur la scène. Le ton est donné, le candidat de l’UDF à la présidentielle n’est pas venu faire de la figuration. Très vite, les coups semblent destinés au gouvernement en place qui n’a pas réussi à rassembler les gens, les forces, les différences. Lui se veut être le candidat de l’impartialité et du pluralisme : « Chacun doit trouver son compte dans un pays de partage et d’échange. Les réformes sont essentielles dans ce pays qui a besoin d’un changement complet où chacun aura sa place et sa responsabilité », a-t-il prévenu aux nombreux militants. Des réformes qu’il promet de proposer par référendum.
Attaques contre ses rivaux
Debout derrière son pupitre, entouré d’une
vingtaine de jeunes UDF, le candidat de la formation centriste a également
demandé d'en finir avec la mauvaise représentativité du peuple par les
élus : « Il est injuste de voir 90% d’élus de la majorité
représentés à l’assemblée nationale alors que Chirac et Jospin n’ont obtenu à
eux deux que 35% des voix lors des précédentes élections ». Il
souhaite que le gouvernement soit surveillé par le Parlement : « Pour
être un Parlement intelligent, je veux que ce dernier contrôle le gouvernement
pour lui éviter de faire des bêtises », a-t-il déclaré. Les attaques
contre ses deux rivaux principaux étaient nombreuses en imputant quasi
continuellement aux deux formations la responsabilité du déclin de la
France : « Le sens de mon action est le rassemblement nécessaire
pour le redressement du pays. Redonner l’espoir aux familles qui sont en
désarroi depuis vingt-cinq ans. Je veux renvoyer l’UMP et le PS dos à
dos ».
Azouz Begag et Corinne Lepage : deux nouveaux soutiens
Même si les sondages sont aujourd’hui plutôt encourageants pour
l’outsider de la campagne, il redoute la bataille à venir : « Depuis
quinze jours, il existe des bagarres incessantes qui iront en empirant. J’ai
besoin de vous et vous êtes avec moi ». Et François Bayrou a des
raisons d’y croire. Devant un public déterminé et souriant, il n’a cessé
d’animer la salle et de lancer des boutades, que le public a apprécié,
l’applaudissant régulièrement. De quoi donner des ailes à un candidat qui ne
cesse de monter, et qui voit d’autres politiques rejoindre ses idées et son
programme. Azouz Begag vient d’annoncer son soutien à François Bayrou ainsi que
Corinne Lepage, présente hier à Nice.
16 janvier 2007
Fiction ou Anticipation ?
Tout se passe pour le mieux, chacun s'occupe de ses affaires politiques et personnelles, et prépare avec soin son programme pour la présidentielle de 2007.
Contre toute attente, deux candidats se présentent et provoquent la division des deux grands partis. Fabius, vaincu par Hollande à l'occasion des primaires socialistes, décide tout de même d'y aller pour satisfaire son égo démesuré... Chirac, voulant esquiver le juge, va lui aussi tenter sa chance en plus de Sarkozy.... 28 candidats vont se présenter ....Notons aussi l'alliance de l'extrême-gauche (Buffet, Laguillier, Autain, Bové, et Cohn-Bendit), sous les ordres de Besancenot et avec le soutien de Jack. De leur côté, le MNR et Mégret, séduits par la belle blonde, rejoignent le FN.
Des anecdotes (dont on se demande si elles sont vraies ou fausses) d'hommes politiques en quête du pouvoir suprême, "Tsunami sur l'Elysée" (juin 2006, Ed. Michalon) entraîne des candidats dans une campagne, où seule compte la satisfaction personnelle. Sur fond de stratégies, de manipulations et d'ambitions personnelles, tous les candidats sont prêts à se déchirer dans la bataille.
Une bonne idée pour ses deux auteurs (Dominique Ambiel et Antoine Rault) qui anticipent le premier tour par un scénario catastrophe : Besancenot affrontera Le Pen (la fille) au second tour. Ces résultats annoncent une période post-électorale inédite et inquiétante pendant laquelle on assiste à la prise de pouvoir des extrêmes en plein extase. Un vrai bordel présidentiel !!!
"Tsunami sur l'Elysée" est une anticipation caricaturale et invraissemblable. Un divertissement littéraire peu riche, assez mal écrit et qui manque vraiment de réalisme...
28 vont y aller, 27 vont se planter...
Le bordel des présidentielles en chanson
11 janvier 2007
L'écologie au coeur de la campagne
Avec près de cinq-cents mille personnes qui ont signé le pacte écolologique de Nicolas Hulot, dont plusieurs candidats, la question environnementale sera évidemment un
point incontournable des prochaines échéances électorales. Et c'est tant mieux. Ségol
ène Royal, Nicolas Sarkozy, Corinne Lepage, Dominique Voynet et François Bayrou ont adhéré et ont promis un vice-premier ministre chargé du développement durable, s'ils deviennent Président.
Après le 15 janvier, nous saurons si Nicolas Hulot est candidat pour la présidentielle de 2007. Voyant ses intentions de vote atteindre les 11% (principalement des jeunes), on peut se demander s'il va décider de se présenter.
Le rôle de cet homme populaire est d'alerter les politiques et
d'apporter le débat. Qu'il profite de sa popularité pour le faire. Mais
de là à ce qu'il soit candidat alors qu'il ne connaît pas la politique, c'est peut-être pas la meilleure des choses. Il serait dangereux de confier les clés de la maison à un homme inexpérimenté. Il est vrai que ce n'est pas le seul prétendant à être vide de compétences politiques, et c'est un peu ce qui me fait peur. Nous n'avons pas en France d'hommes politiques passionnés, compréhensifs du quotidien des gens et à l'image de la société. Ou très peu. Le pouvoir et l'égo priment malheureusement.
Si son projet de sensibiliser la société aux dégâts écologiques causés par l'activité humaine, est judicieux, il lui manque de multiples expériences en tant qu'élu avant de prétendre à autre chose que ce à quoi il vient d'accéder, à savoir, mettre l'écologie au coeur de la campagne présidentielle.
08 janvier 2007
Le Pen travaille son image
Le deuxiè
me tour ne lui suffit plus. Le Pen croit
sérieusement en ses chances. "Comme en 2002, je vais probablement être
au deuxième tour de l'élection présidentielle. Mais à la différence de 2002, je
peux, en 2007, gagner l'élection, car je serai probablement opposé à la
candidate de gauche" a-t-il pronostiqué lors de ses
vœux à la presse au siège du Front national à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine).
Ne voulant surtout pas s'arrêter en si bonne voie, Le Pen a démarré l'année
avec l'intention d'occuper le terrain médiatique et ses passages ne passent
jamais inaperçus. Il s'est arrangé son image, travaille la communication et ses
attitudes sont de plus en plus calculées. A commencer par le choix d'une jeune
fille maghrébine pour son affiche de campagne. Image plus lisse, discours
formaté, le client Le Pen risque de faire les yeux doux à toute une population
influençable dans une France fragilisée et perturbée par de nombreuses crises
qui ont émaillé l'année 2005 et 2006. La crise des banlieues, la précarité, les
difficultés so
ciales, et surtout, la sécurité et l'immigration,
deux thèmatiques que Le Pen lie facilement entre elles.
Le Pen tente de soutirer des voix à Sarkozy en contrôlant ses dires et ses
attitudes. Sarkozy fait de même en martelant "halte à la
délinquance" en prenant des décisions extrêmistes.
Aucune moralité
pour ces deux prétendants, aux idées dangereusement similaires, prêts à jouer
sur le terrain de l'adversaire, dans un unique objectif : le pouvoir.
05 janvier 2007
Une campagne inédite
Quels que soient les résultats du 1er tour, il est évident que la campagne et l'élection présidentielle à venir aura une autre teneur. En effet, à moins d'ëtre un affreux macho, je vois mal un homme tenir des propos haineux, insultants, déplacés, pour tout dire "limites" à l'égard d'une femme qui occupe le devant de la scène. S'il lui en prenait l'envie, nul doute que le revers
des électeurs indécis, serait terrible. On le sait tous, Ségolène est en bonne voie, mais ce qui est désolant, c'e
st la raison pour laquelle elle a été désignée candidate du PS. C'était la solution la plus sage pour passer le 1er tour, mais après, il faudra tenir cinq ans à l
a tête du pays. Et ce n'est pas par un coup de baguette magique que les problèmes seront résolus ? Maintenant que nous avons un panel de 
candidats, il ne restera plus qu'à chacun de faire ses preuves. Le débat peut être animé avec des arguments concrets (et vérifiables) selon les sujets traités.
Et si Jean-Marie Le Pen n'avait pas ses cinq-cents signatures, tout serait remis en question. Vers qui les électeurs se tourneraient-ils ? Un troisième outsider pourrait-il brouiller les cartes ? Reste aussi les voix des électeurs des autres partis minoritaires et autres représentants sans étiquette politique. Vaste casse-tête pour les prétendants et pour les électeurs.
2007 : La Lutte Finale...
30 décembre 2006
Dernier délai pour les non-inscrits
Ca y est, c'est le dernier jour. Après, ce sera trop tard. Trop tard pour s'inscrire sur les listes électorales et désigner son prochain(e) Président(e) de la République. Malgré une forte mobilisation des stars du showbiz, à l'instar de Joey Starr ou Diam's, 2,5 millions d'électeurs ne sont toujours pas inscrits. Près de 28 % des électeurs ont déserté les urnes aux présidentielles de 2002. Soit trois millions de plus qu'en 1995. Un record !
« Les élections ne servent plus à rien », clament les déçus (on peut les comprendre) de la politique. Pourtant, l'élection présidentielle (le 22 avril et le 6 mai prochain) -suivie des élections législatives (les 10 et 17 juin)- dictera les choix de la France pour les cinq ans à venir. Il est donc important de s'inscrire.
Car, n'en déplaisent aux défaitistes chroniques, le vote départagera des partis aux propositions très différentes, en matière d'emploi et de formation, par exemple, ou dans le domaine social ou sécuritaire. Il suffit d'éplucher les mesures proposées par les listes en présence pour s'en convaincre.
Au 1er tour, l'Union pour un mouvement populaire (UMP) - Nicolas Sarkozy, son candidat pressenti- est crédité de 34 % des intentions de vote. Lui qui souhaite une « rupture tranquille », devancerait de peu la candidate du parti socialiste, Ségolène Royal, créditée de son côté de 32 % des voix.
Jean-Marie Le Pen, candidat du Front National arriverait en 3ème position. Il est crédité de 11,5 % d'intentions de vote au 1er tour de l'élection présidentielle.
Avec 9 % d'intentions de vote, François Bayrou a encore beaucoup de travail à effectuer avant de pouvoir prétendre à un éventuel second tour.
D'autres partis et d'autres têtes se lanceront aussi probablement dans la course à l'Elysée, Marie-Georges Buffet, Dominique Voynet, Arlette Laguillier, Olivier Besancenot ou encore Philippe de Villiers sont là plutôt pour alimenter le débat politique que pour croire réellement en leurs chances, quasi-nulles. Seule leur présence dans cette bataille captivante dès le début de l'année pourra faire évoluer les différentes propositions des candidats favoris. On le voit par exemple avec Nicolas Hulot qui, sans aucun charisme et compétence politique, semble pourtant parvenir à faire évoluer les choses en matière écologique.
Le choix politique est immense. Encore faudra-t-il avoir le droit de voter. Encore faudra-t-il y aller. Vous tous, nous tous, avons les cartes en main. Ne laissons pas passer cette chance, la chance que nous avons de vivre en démocratie...En démocratie par-ti-ci-pa-tive... Pour ne rien regretter...
Si tu votes pas...
23 décembre 2006
Un "Buffet" de Noël pas au goût de tout le monde
Comme de n
ombreux partis, la gauche anti-libérale a choisi sa candidate à
l'élection présidentielle. Un soulagement ? Le début d'une campagne d'union
contre le capitalisme ? Eh bien non, car l'officalisation de la candidature de
Marie-Georges Buffet est loin de faire l'unanimité. Depuis plusieurs semaines,
le mouvement de gauche anti-libéral, se chamaille et se divise quant au nom de
leur représentant lors des élections à venir... Ce mouvement qui souhaitaient
du "sang neuf" pour se lancer dans la course, englobe aussi le Parti
Communiste, qui se voulait "pro Marie-Georges".
Le verdict est tombé, et les votes des militants PC se sont largement orientés vers leur secrétaire nationale, qui avait affirmé son désir de s'investir dans la course. Cette dernière s'est donc réjouit de pouvoir enfin entrer dans la campagne, qui a déjà débuté depuis plusieurs semaines, et cherche aujourd'hui à rassembler. Mais les collectifs anti-libéraux, représentés entre autres par Clémentine Autain, adjointe à la mairie de Paris, sont loin de valider cette candidature, et regrette que l'unité n'ait pas pu être trouvée.
Tout reste donc à faire pour Marie-Georges, à commencer par convaincre son propre camp...
17 décembre 2006
Sarko enchaîne Alliot
Le
2ème forum pré-électoral de l'UMP, hier à Lyon, a donné lieu à des échanges animés et très vifs entre Michèle Alliot-Marie et Nicolas Sarkozy. Michèle Alliot-Marie, qui ne veut rien changer à la Constitution, et Nicolas Sarkozy, qui veut renforcer la responsabilité politique du chef de l'Etat, ont laissé éclaté leurs divergences sur la question des institutions.
« Ce n'est pas être ringard que d'être attachée aux Institutions de la Vème République, au rôle éminent du Président de la République. Le président donne de la visibilité sur l'avenir, il garantit la cohésion nationale », a lancé Alliot-Marie. « Le président représente la France à l'étranger. A l'étranger, la France, c'est la Tour Eiffel et Jacques Chirac », a-t-elle ajouté.
« Je me garderai bien de réduire la France à un monument ou une personnalité, aussi brillante soit-elle. La France, ce n'est pas que la Tour Eiffel, surtout vu de Lyon », a rétorqué Sarkozy.
Voilà ce qui a pimenté les échanges entre les deux intervenants. Un débat en forme de partie de billard qui s'est réalisé à l'avantage des propos de Sarkozy, aux remarques plus crédibles.
La ministre de la Défense, qui n'exclut pas d'être candidate à l'Elysée, a même été brièvement sifflée, avant que l'organisateur, Jean-Pierre Raffarin n'appelle la salle à la bonne humeur, déclenchant des applaudissements pour la ministre.
Affirmant leur préférence pour Nicolas Sarkozy, les étudiants présents ont néanmoins souhaité que Michèle Alliot-Marie se déclare candidate pour « clarifier la situation ».
C'est à l'issue du troisième forum de l'UMP, qui aura lieu à Bordeaux le 21 décembre, qu'Alliot-Marie dévoilera probablement ses intentions.
16 décembre 2006
Clémentine Autain : Une candidate atypique
Autoportrait de Clémentine Autain : « Je mesure mes handicaps : je suis jeune, je suis femme, et en plus, je suis blonde ! »
Mais c'est tout le contraire ! Les vieux n'ont plus la côte. Les uns après les autres, ils jettent l'éponge. Lionel, Jack, et même ce bon vieil Edouard qui a annoncé qu'il ne se représenterait pas aux prochaines législatives.
Et les moustachus n'attirent pas beaucoup plus. En lieu et place de José Bové, Clémentine Autain se verrait bien candidate de la gauche anti-libérale.
A quelques semaines du choix par les collectifs anti-libéraux de leur candidat(e), Clémentine Autain s'est libérée d'un secret qui devenait sans doute trop lourd à porter pour pouvoir mener les combats futurs en toute sérénité. Elle a subi ce que subissent tous les ans près de 50.000 françaises dans une relative indifférence : un viol, à 22 ans, sur le trajet de la fac de Saint-Denis, par un multirécidiviste dangereux.
C'est chose faite. On peut comprendre sa révolte. Un courage qui mérite les honneurs. L'honneur de se voir probablement en symbole de la gauche antilibérale lors des prochaines élections présidentielles.
12 octobre 2006
Danielle Mitterrand : "Je ne soutiendrai pas Sarkozy"
A un peu plus de six mois du scrutin présidentiel, l’occasion était trop belle d’aller à sa rencontre afin de mieux connaître ses motivations électorales.
Début octobre, Danielle Mitterrand, ex-première dame de France était au festival du livre de Mouans-Sartoux pour présenter son ouvrage « Echanger la vie » aux Editions Actes Sud.
La possibilité qu’une femme devienne Présidente de la République, qu’est ce que cela vous inspire ?
C’est une très bonne chose, comme ce sera une très bonne chose si on a un président … homme aussi. C’est son programme qui nous intéresse, pas le porteur du programme.
Et Ségolène Royal, qu’en pensez-vous ?
C’est une femme que j’ai côtoyée, que je connais ; je ne porte aucun jugement sur elle, je porterai un jugement sur son programme.
Elle apporte certaines idées nouvelles qui ne sont pas partagées par toute la gauche ; quel est votre avis par rapport à çà ?
Elle n’est pas encore candidate, elle est candidate à la candidature. Tout ce qui se dit dans une pré campagne n’est pas parole d’évangile.
Qu’est ce que cela peut changer concrètement qu’une femme devienne présidente ?
Je n’en sais rien, c’est aux Français de décider, ce n’est pas à moi toute seule. Elle ne compte que pour moi et pour le bulletin que je mettrai dans l’urne.
Pouvez-vous nous dire de quelle personne vous sentirez-vous la plus proche ?
Seule certitude : je ne soutiendrai pas Sarkozy !

