tf1         Avant de devenir rédactrice en chef du service « Notre époque » de TF1, Francine Buchy a collectionné les reportages et les présentations de journaux télévisés, d’abord pour France 3 puis pour TF1. Elle a retracé son parcours aux étudiants de l’IUT de Cannes qui regrettent simplement qu’elle ait pratiqué la langue de bois. 

    En recevant Francine Buchy de TF1, les étudiants en journalisme de Cannes s’attendaient à recevoir, sinon des scoops, des informations captivantes. Cela n’a pas été le cas ! En détaillant son parcours professionnel, certes remarquable et enrichissant, Francine Buchy est restée la plupart du temps approximative dans ses déclarations.

On ne peut en aucun cas lui reprocher sa cordialité ; en revanche, elle n’a cessé de laisser planer des doutes.

A-t-elle eu peur que ses propos soient mal interprétés ? Toujours est-il qu’elle a contourné les questions qui lui étaient posées. Quand on cherche par exemple, à comprendre les débordements de Patrick Poivre d’Arvor, elle reconnaît qu’il a fait quelques erreurs mais s’abstient d’en débattre : « Je m’interdis de le critiquer moralement ; il possède une parfaite rigueur dans le travail et une très grande qualité journalistique»

Chacun des journalistes de la rédaction a eu droit, comme PPDA, à son petit hommage. Anthony Dufour, journaliste lillois qui est parti au Japon couvrir l’Asie pour TF1 : « Il a été très courageux parce qu’il a pris sa caméra et est parti tout seul là-bas. C’est une merveilleuse histoire de journaliste ». Sans oublier la reconnaissance indirecte pour Jean-Pierre Pernaut : « Son journal est regardé par 52% des téléspectateurs ».

« Nous ne sommes pas extrême droite, nous ne sommes pas extrême gauche »

Les étudiants auraient souhaité qu’elle se dévoile un peu plus, sur le relationnel au sein de la rédaction, même si elle avoue « qu’il ne faut pas se laisser manipuler ». Ou sur le penchant politique du journal (évidemment de droite pour les étudiants). Elle reste très distante : « On nous dit en effet que TF1 dégage une sensibilité de droite mais je ne vois pas vraiment pourquoi, puisque nous tenons à assurer notre fonction professionnelle le plus justement possible ». Encore une fois, elle fuit un peu la question et semble ne pas assumer complètement cette image qui domine par les sujets traités dans le journal : « On n’est pas furieusement extrême gauche, on n’est pas furieusement extrême droite, nous sommes un journal généraliste, populaire et de qualité. Etant observés à la loupe par le CSA, nous sommes obligés de respecter l’équilibre et le temps d’antenne de chacun », se défend-elle. A travers ses propos, les étudiants ressentent un léger manque d’objectivité.

Un domaine de prédilection : l’environnement

Elle est entrée dans la profession en 1971, « à la préhistoire de la TV », après avoir obtenu un diplôme d’études politiques, ce qui explique peut-être sa méfiance, et après un parcours universitaire à l’école de Journalisme de Strasbourg.

D’abord pour France 3, elle savoure le titre de première présentatrice de journal télévisé national en 1975, avant de rejoindre TF1 en 1982 pour la même fonction, cette fois-ci, avec un co-présentateur. Quelques années passent, et elle découvre les joies du reportage pour le magazine « 52 sur la Une ». Son nom est bien ancré dans le milieu, elle obtient ensuite le poste de chef adjoint de l’information générale qu’elle occupe pendant six ans.

Aujourd’hui, la rédaction de TF1, dont le siège se situe à Boulogne, est divisée en cinq grands services ; l’un d’eux, consacré aux questions d’environnement et de société, est intitulé « Notre Epoque ». Elle le dirige en tant que rédactrice en chef : « On a du batailler pour imposer ce domaine qui peut être assez marginal par rapport à la multiplicité de l’univers, des drames et des horreurs qui attirent l’attention ». Elle explique que les reportages doivent être très courts (1 min 20 pour le 20 h et 2 min 30 pour le 13 h), et qu’il est indispensable de se limiter dans l’information. D’où sans doute, cette crainte de renouveler les JT de TF1 ; ils conservent un public fidèle et il serait donc dangereux d’innover : « Dans la rédaction, les journalistes sont peut-être trop blancs, et ils sont tous issus du même milieu culturel, ce qui explique le déphasage avec beaucoup de jeunes », reconnaît-elle.

Une petite tête blonde, aux larges sourires parfois serrés, Francine Buchy, journaliste passionnée et ambitieuse, est parvenue à cumuler travail et famille, même si elle avoue que « ce métier vous bouffe. Cependant, la rédaction étant ainsi stable, nous pouvons mieux comprendre cette cohésion dans le groupe ».

Un travail qui exige des sacrifices, de la réflexion et de la finesse, dans le langage, et dans l’esprit. Et çà, Francine Buchy l’a bien compris.